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Le piège du « mais… » : pourquoi certaines conversations deviennent des dialogues de sourds

Publié le 4 juillet 2026 à 17:36

« Tu ne viens jamais assez longtemps… »

« Mais je suis venue trois fois cette semaine ! »

« Je ne sers plus à rien… »

« Mais enfin, ce n'est pas vrai ! »

« J'ai peur de finir mes jours seule… »

« Mais tu n'es pas seule, on est tous là ! »

Si vous avez déjà eu ce type de conversation avec un proche, vous avez peut-être eu l'impression que, quoi que vous répondiez, rien ne semblait l'apaiser.

Ce n'est pas parce que vous vous y prenez mal.

C'est souvent parce que vous répondez aux mots… alors que l'autre exprime une émotion.

Le « mais » change le sens de la conversation

Le mot « mais » est très utile dans la langue française.

Pourtant, dans une conversation chargée d'émotions, il peut parfois donner à l'autre le sentiment que ce qu'il ressent n'a pas été entendu.

Prenons un exemple.

Votre mère vous dit :

« Tu ne viens jamais assez longtemps. »

Vous répondez :

« Mais je suis venue tout l'après-midi dimanche ! »

Votre réponse est sans doute vraie.

Pourtant, votre mère n'entend plus que vous vous défendez.

Elle peut alors répéter :

« Oui, mais ce n'est jamais assez… »

Et chacun commence à argumenter.

La discussion tourne en rond.

Et si l'on commençait par entendre l'émotion ?

Essayons autrement.

Votre mère dit :

« Tu ne viens jamais assez longtemps. »

Vous pourriez répondre :

« J'entends que tu aimerais que je reste plus longtemps. »

Ou encore :

« Je comprends que mon départ soit difficile pour toi. »

Puis… rien.

Quelques secondes de silence.

Sans expliquer.

Sans se justifier.

Sans ajouter un « mais ».

Pourquoi ?

Parce que, très souvent, lorsqu'une personne se sent réellement entendue, elle peut enfin parler de ce qui se cache derrière ses mots.

Elle pourrait dire :

« Les journées sont longues quand tu n'es pas là. »

Ou :

« J'ai peur de rester seule. »

Ou encore :

« Tu es la seule visite que j'ai cette semaine. »

Et là, la conversation change complètement.

Entendre n'est pas être d'accord

C'est une confusion fréquente.

Accueillir ce que ressent une personne ne signifie pas que vous devez lui donner raison.

Vous pouvez reconnaître son émotion sans renoncer à vos propres limites.

Par exemple :

« Je comprends que tu aimerais que je reste encore un peu. »

Cette phrase ne promet pas que vous allez rester.

Elle montre simplement que vous avez entendu ce qu'elle ressent.

C'est une nuance importante.

Pourquoi est-ce si difficile ?

Parce que lorsque nous aimons quelqu'un, nous voulons soulager sa souffrance.

Nous cherchons des solutions.

Nous voulons rassurer.

Pourtant, certaines émotions ne demandent pas de solution immédiate.

Elles demandent simplement une présence.

Les mots peuvent ouvrir une porte

Lorsque l'émotion est accueillie avant les explications, la personne se sent souvent plus libre d'exprimer ce qu'elle vit réellement.

Parfois, il ne s'agissait pas d'un reproche.

Il s'agissait d'un besoin.

D'un manque.

D'une peur.

Et ces émotions sont souvent plus faciles à traverser lorsqu'elles peuvent enfin être entendues.

Parce qu'au fond, nous avons tous besoin de sentir que ce que nous vivons compte pour quelqu'un.